Glossaire de la Franc-Maçonnerie

Fondamentaux

Les principes fondamentaux de la Grande Loge de France, se renvoient au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) :
référence au principe du « Grand Architecte de l’Univers » comme principe et symbole non religieux (voir ce mot),
prestation de serment sur les Trois Grandes Lumières de la Maçonnerie Traditionnelle : Équerre, Compas, Volume de la Loi sacrée (voir ces mots)
liberté absolue de conscience citoyenne, philosophique et religieuse, dans la tolérance réciproque, excluant les extrémismes idéologiques et les intégrismes religieux
travail d’amélioration de soi-même au sein d’un ordre initiatique aux principes à la fois humanistes et spirituels
pratique d’une éthique d’accueil fondée sur l’exercice de la raison, l’altérité et l’échange
respect des Anciens Devoirs et souci de leur transmission.

Fraternité

Troisième terme de la devise maçonnique.
Elle se manifeste par une volonté de reconnaissance et d’ouverture et doit présider aux rapports entre les Frères de la Grande Loge de France et elle invite chacun à conformer son attitude à un idéal de connaissance de soi et d’accueil de l’autre, maçon ou non maçon. À ce titre, elle est à la fois un fondement, un objectif et un moyen.

Histoire

L'année 1894 marque la naissance de la Grande Loge de France sous sa forme actuelle. Mais elle inscrit son histoire dans celle des obédiences qui ont marqué l’histoire maçonnique française, depuis les années 1730 où est apparue la première Grande Loge de France, dont l’obédience actuelle est pour une part la continuatrice.

Humanisme

L’humanisme est avec la spiritualité (voir ce mot) le domaine de recherche et de réflexion des Maçons de la Grande Loge de France. Il est à la base de leurs convictions éthiques d’ouverture aux autres. 
Il manifeste leur volonté de mettre l’être humain au centre de leur projet de construction, par le travail sur soi et avec les autres.

Initiation

L’initiation est un processus de transformation de l’individu. 
Elle fait le pari qu’un travail constant de réflexion, grâce aux symboles et avec les Frères, peut aboutir à une évolution intellectuelle, morale et spirituelle positive. Elle vise un perfectionnement en connaissance et en conscience. 
Dans les loges de la Grande Loge de France, elle ne consiste pas en un savoir à acquérir ou une doctrine à apprendre mais une expérience personnelle à élaborer grâce au travail initiatique. Elle est une démarche, à la fois individuelle et collective, de liberté ordonnée à des valeurs morales qui lui donnent son unité et son sens. Enfin elle n’est ni un sacrement, ni une révélation et n’a rien de religieux.

Laïcité

La laïcité, en tant que principe de séparation des pouvoirs, est une valeur revendiquée par la Grande Loge de France. 
Elle se réfère à la loi de décembre 1905 initiée par les Francs maçons de cette époque et figure également dans l’article 2 de la Constitution de la République française de 1958, proclamant que l’état ne subventionne aucun culte et laisse à chacun sa liberté de conscience. 
Il s’agit d’une laïcité ouverte, accueillant dans les loges les croyants et les non croyants, demandant à chacun de respecter la liberté de choix de tous.

Liberté

La liberté est le premier terme du triptyque des Maçons de la Grande Loge de France (voir Égalité et Fraternité). 
La liberté revendiquée est comprise à la fois dans sa dimension citoyenne et initiatique, Citoyenne car elle s’inscrit dans les principes républicains. 
Initiatique car elle manifeste la volonté de surmonter autant que possible les déterminismes de tout ordre auxquels chacun est confronté : psychologique, sociologique, etc. afin de construire plus de liberté intérieure. 
On comprend dès lors qu’elle exige pour se réaliser, un véritable travail sur soi, auquel invite l’initiation.

Loge (ou Atelier)

Loge désigne à la fois l’ensemble des membres d’un groupe de Maçons et les structures administratives et initiatiques de base qui rassemblent les Frères et permettent le fonctionnement selon les règles de la Grande Loge de France. Appelé aussi Atelier, les deux termes se réfèrent à la Franc-maçonnerie opérative des origines et se veulent un espace de rencontres, de travail, de connaissance et d’échanges permettant à chacun de progresser en connaissance et en conscience.

Néophyte

C’est l’un des noms qui désigne le candidat profane au cours de son initiation, juste avant son acceptation qui en fera un Frère à part entière.

Obédience

L’obédience est une structure qui rassemble les loges en une organisation administrative et initiatique généralement nationale. La Grande Loge de France organisée en toute indépendance et souveraineté, possède une constitution propre et ne se donne que les règles que les représentants des loges veulent se donner. Elle entretient des relations avec les autres obédiences, françaises ou étrangères, par des visites officielles et des conventions réciproques.

Opératif

Terme qualifiant les Maçons libres des XVe, XVIe et XVIIe siècles, dont l’organisation du métier a posé les bases de la Franc-maçonnerie actuelle, que cette relation soit historique ou légendaire. Ils sont dits « opératifs » car ils étaient des hommes issus des métiers de la construction alors que les maçons dits « spéculatifs » étaient ou sont des maçons essentiellement tournés vers la recherche, la réflexion et l'action dans le monde au progrès duquel ils veulent contribuer.

Orient

Symboliquement le lieu d’où vient la lumière. 
Aller vers l’orient manifeste la volonté de « trouver la lumière » et de se mettre en quête de sens (de la vie). 
Se dit également de l’agglomération où se regroupent les loges. 
Exemple : « l’orient de Paris ».

Outils

Maillet, ciseau, équerre, compas, règle, niveau… sont autant d'outils symboliques (voir symbole) qu’il faut appliquer au travail sur soi dans le cadre d’une relation pédagogique avec le collectif de la loge. Cette réflexion, qui associe rationalité et spiritualité, intelligence et sensibilité, permet un approfondissement de la connaissance de soi et des autres et encourage à mettre en œuvre une volonté de transformation positive de soi et du monde. 
Ils sont toujours présents dans le Temple (voir ce mot). 

Secret maçonnique

Objet de nombreux fantasmes entretenus par la discrétion dont font preuve les Maçons dans leur conduite, qui peut sembler « mystérieuse » alors que sa réalité est banale. Il s’agit en fait plus de la discrétion que de secret. 
Il convient cependant de distinguer le secret d’appartenance et le secret initiatique. 
Le premier relève du fait que chaque maçon, tout en ayant le droit de révéler sa propre appartenance, n’est pas autorisé à « dévoiler » l’appartenance d’un autre. 
Le second relève, lui, du caractère non communicable de l’expérience initiatique éminemment subjective, qui interpelle l’être entier de chacun, car elle est à la fois vécue dans une pratique symbolique et réfléchie en un mouvement de retour sur soi auquel l’émotion et la sensibilité ne sont pas étrangères. 
Sur le plan légal les statuts de la Grande Loge de France, en tant qu’association déclarée loi 1901, sont déposés auprès de toutes les instances civiles et administratives de France ayant à en connaître. 
Ils sont donc accessibles à toute personne le désirant et il n'existe, en dehors du caractère personnel et intime de la démarche initiatique – dont on peut trouver les rituels dans de nombreuses librairies - aucun « secret » quant aux buts et principes des loges de la Grande Loge de France qui sont respectueuses des lois de la République Française.

Symboles

Ils sont des outils / supports de la réflexion initiatique, des signes concrets renvoyant à une multitude de significations intellectuelles, morales, spirituelles permettant de dépasser le seul langage des concepts et de la rationalité intellectuelle.
Ils évoquent fréquemment une forme métaphorique ou allégorique.
Leur pratique permet de développer une aptitude à enrichir la perception de la réalité humaine ou naturelle, intégrant des aspects complexes, parfois contradictoires et à rechercher des solutions conciliatrices dépassant la seule approche binaire des êtres et de la nature, et intégrant ces différences dans une forme nouvelle.
À la Grande Loge de France, la pratique des symboles est orientée vers la progression des membres, en connaissance et en conscience.
À titre d’exemple :
Maillet et ciseau sont des symboles de construction
Équerre et compas sont des symboles de rectitude et d’ouverture d’esprit.

Temple

Local rectangulaire, décoré de symboles maçonniques il est l’espace de travail des Francs-maçons, et en tant que tel, ni sanctuaire, ni lieu de culte, en dépit de la terminologie qui peut prêter à confusion.
Son cadre et son atmosphère invitent à la réflexion intellectuelle, morale et spirituelle.
Les temples maçonniques sont accessibles au public lors de certaines manifestations publiques (conférences, cérémonies, etc.).

Tenue

Désigne les réunions maçonniques rituelles. Elles sont encadrées par des textes et des gestes précis et codifiés, selon un ordonnancement précis. En Grande Loge de France elles n’ont rien à voir avec une liturgie ou un culte religieux ni avec de simples réunions de travail comme on les trouve dans le monde profane.

Tolérance

Vertu de base de la morale maçonnique, elle caractérise une attitude d’acceptation des différences individuelles, ethniques, culturelles, etc. Reconnaissant à chacun la possibilité de promouvoir ses idées et sa vision du monde, demandant simplement pour chacun le respect qui est dû à tous.
Elle refuse par conséquent à la fois le fanatisme des dogmatismes idéologiques ou religieux qui veulent imposer leur vérité aux autres et le laxisme de positions qui acceptent toutes les valeurs, même celles en contradiction avec le respect et la dignité des êtres humains.

Tradition

À la fois acte de transmission et corps de valeurs morales et spirituelles, elle renvoie à un courant de connaissance et de sagesse, puisées à travers les temps, dans des sources culturelles riches et différentes. Elle caractérise l’homme comme un être capable de se construire en référence à des valeurs transmises dans le cadre de l’expérience initiatique. On peut aussi la considérer comme un héritage et un patrimoine de culture et de civilisation.
Dans cet acte de transmission, chaque maçon donne à ceux qui le suivent une vision de l’homme, une passion de la maîtrise et une foi dans la capacité des êtres humains à bâtir l’avenir, qu’ils vont eux-mêmes, expérimenter dans leur démarche initiatique.